Ma 1ère Megavalanche de l’Alpe d’Huez

megavalancheVoici le récit de ma première participation à la Megavalanche de l’Alpe d’Huez, la mythique course de VTT .

La « Mega » (pour les intimes) est la plus longue cours de descente en vélo tout terrain au monde.

Voici le récit d’un vététiste très normal, qui tente de survivre à cette épreuve incroyable.

Megavalanche, les bases

Pour ceux qui ne voient pas du tout de quoi je parle, la Megavalanche est un format de course assez particulier. C’est une sorte de downhill marathon, qui diffère d’autres disciplines, telles que le vtt cross country, le vtt enduro ou le vtt descente.

 

D’autres courses de VTT (mountain bike ou mtb en Anglais) sont très dures, comme par exemple la Transvesubienne (aussi organisée par UCC Sport Event du célèbre George Edwards)

La Megavalanche de l’Alpe d’Huez se déroule d’abord en 1 run de qualification, qui détermine la répartition dans des groupes de niveau similaire, en fonction du temps, pour les différentes finales.

 

2000 participants et leurs bicyclettes envahissent l’Alpe d’Huez, célèbre station de ski et arrivée du tour de France pendant une semaine chaque mois de juillet. Parmi les concurrents, des noms connus fleurissent comme Yoan Barelli, Nico Quéré ou même Cédric Gracia qui participait étonnamment pour la première fois.
Cependant, le king de la Mega est Rémy Absalon, plusieurs fois vainqueur de l’épreuve.

 

Les qualifications lâchent 150 concurrents sur un parcours beaucoup plus court. Les 36 premiers atteignent la finale prestigieuse du dimanche. Les 250 suivants sont qualifiés pour la finale Challengers du samedi après les dames et les VTT électriques (e-bike).

 

Puis, les 250 encore moins bons partiront après les supers bons du dimanche pour la finale Amateurs.
Tout le reste ne part pas en mass start. Ceux là démarrent en mode solo l’un après l’autre pour un classement Affinity (beaucoup moins fun).

 

Mes bases en VTT

De mon côté, ce n’est pas très glorieux

 

J’ai la cinquantaine et je me suis mis sérieusement au VTT seulement en 2013. Cela fait donc moins de 3 ans que je pratique et surtout je suis plus attiré par la gravité et la discipline du VTT de descente ou downhill mtb .

 

L’an dernier, j’ai participé pour la 1ère fois à la Maxivalanche de Vallnord. Ça tombe bien car Vallnord, c’est chez moi en Andorre.

 

Comparé à la Mega, la Maxi fait moins de la moitié niveau distance, mais le parcours est beaucoup plus technique avec plus de pente.

 

Pour être franc, je n’ai jamais pédalé de ma vie. Etant jeune, je me suis beaucoup régalé en motocross, mais je n’ai jamais posé le cul sur un vélo de route.

 

C’est lors de la coupe du monde à Vallnord en 2008 et 2009 que j’ai fait connaissance avec la descente.

 

Il m’a fallu encore quelques années pour m’y mettre, mais je suis maintenant accroc. C’est une idée absolument géniale que de se téléporter en haut de la montagne avec sa bicyclette, grâce aux équipements d’hiver adapté pour le vélo, puis de se lancer à toute balle pour descendre la pente la plus raide le plus rapidement possible. Ou alors, simplement pour se balader tranquille, rouler au flow comme on dit dans le jargon.

 

En plus, l’Andorre est au beau milieu des Pyrénées. C’est plutôt hostile pour celui qui veut démarrer sur le tard en mode grimpeur. Même les coureurs du Tour de France en chient grave lorsque l’étape se termine dans le Col d’Arcalis, qui est à 10 minutes en vélo de chez moi.

 

Bref, tout ça pour dire que je n’ai aucune endurance. D’ailleurs, les 20km de la Megavalanche représentent la plus grande distance que j’ai parcouru à vélo d’une seule traite.

 

Je m’attendais à souffrir, mais c’est clairement un des trucs les plus durs que j’ai fait de toute ma vie.

 

La qualification s’est plutôt bien déroulée car elle est principalement en mode descente et ce n’est pas très long. J’ai mis 25 minutes, marquant un écart de 6 minutes avec le premier de ma manche : la légende vivante Cédric Gracia.

 

Le parcours de la qualification comporte des passages techniques, mais c’est relativement roulant. Vous pouvez juger par vous-même dans cette vidéo qui montre ma qualif en intégralité :

 

 

Finissant 36ème, je n’ai pas eu l’honneur de participer à la vraie finale du dimanche, mais du tout je me suis retrouvé en 1ère ligne du niveau juste en-dessous : les Challengers.

 

Personnellement, j’ai trouvé ça nettement plus extraordinaire de partir en première ligne des un peu moins bons qu’en fin de peloton des supers forts.

 

Le point négatif est que la finale Challengers se déroule le samedi, le lendemain des qualifications.

 

Avec ma condition physique digne d’un poulpe, j’aurais bien pris un jour de repos entre les 2 runs.

La finale Megavalanche Challengers

 

Samedi à 5h du mat, me voilà parti pour le glacier du Pic Blanc, situé à 3 200 m d’altitude. Cela fait tôt pour un départ à 9h, mais les premiers qualifiés doivent monter en premier car c’est une sacrée organisation pour mettre en place plusieurs centaines de concurrents et leurs bicyclettes.

 

Peu importe car j’avais eu l’idée géniale d’emporter une couverture de survie. Du coup, je me suis allongé dans un coin et j’ai dormi.

 

1 heure avant le départ, j’ai commencé à émerger et m’échauffer doucement.

 

La mise en ligne fait monter la pression car tu attends une quinzaine de minutes et on est vraiment guidon contre guidon.

 

Le fameux départ en haut du glacier ne m’a pas réellement terrifié. C’est rare que j’ai peur et ça m’amuse plutôt de descendre sur la neige avec un vélo. Le souci est que ce glacier est vraiment vertical et t’as 250 fous furieux autour de toi.

 

J’avais prévu de ne pas freiner sur la première partie, mais je savais aussi que c’était à pile ou face pour également faire la descente sur le cul après une chute.

 

Ben je n’ai pas été déçu car mon voisin de droite s’est un peu emballé au départ. Il nous racontait ses exploits en 4X et comment il allait nous laisser sur place.

 

Sauf qu’il s’est vautré juste devant moi et avec lui mes rêves d’arriver le premier en bas du glacier.

 

Vous pouvez admirer le carnage du départ dans la vidéo suivante :

 

 

Le premier problème rencontré, avant la fatigue, concerne le manque d’oxygène. Même si j’habite en montagne, le palier au-delà de 3 000 m est toujours compliqué pour respirer.

 

La chute au départ n’était pas pénalisante car on descend suffisamment vite sur les fesses et c’était une boucherie derrière moi. Au moins la moitié des mecs sont tombés !

 

En bas de la première pente, j’étais encore dans le Top 20. C’est sur le reste du parcours enneigé que j’ai commis 2 fautes idiotes dans les pires endroits pour tomber, qui m’ont fait rentrer dans le peloton.
Cela n’aurait pas changé grand chose car je me faisais dépasser par des wagons de cyclistes, dès qu’il y avait un soupçon de pédalage.

 

Par contre, en descente, je peux compter sur les doigts d’une main les mecs qui m’ont doublé.

 

Hormis le mass start sur la neige, la Megavalanche est une course compliquée car on traverse des terrains extrêmement variés:

 

Après la neige, on attaque un singletrack, qui contourne toute la montagne. Il y a peu de pente, mais c’est très compliqué de doubler. De mon côté, je fais le maximum pour laisser passer ceux qui arrivent derrière moi. Pour doubler, je pense être habituellement courtois, mais je me suis laissé parfois surprendre en mode « race » sans pitié.
Cela m’a été largement reproché dans les commentaires sur mon edit « epic fail compilation ». C’est promis, l’an prochain, je ferais encore plus d’effort pour doubler en demandant poliment et remercier.

 

Voici cette fameuse vidéo controversée, qui fait beaucoup de vues et de commentaires saignants :

 

 

Les critiques ne me dérangent pas du tout. Bien au contraire, je déteste ceux qui gueulent derrière pour inciter à aller plus vite.

Simplement, j’ai choisi de rassembler ces rares moments dans une compilation, donc ça fait effet loupe.

Du coup, j’ai uploadé un autre edit, qui résume la course sous un autre aspect. C’est le mode souffrance, qui montre comment je me fais dépasser par 101 concurrents :

 

 

Stats de course

Megavalanche 2016 Résultat Vague Qualification 5
1er : Cédric Gracia en 0:19:04,150
36ème : Moi 0:25:04,840 (10ème Master 40 MA40 – Lettre M : 1ère ligne Challengers)
Résultat Finale Challengers – samedi 9 juillet 2016 :
121ème au scratch et 21ème en MA40 avec un temps 1:13:05,262
Tous les résultats de l’édition 2016 sont à consulter sur le site officiel UCC Sport Event.

Objectif Mega 2017

Je ne vais pas promettre d’être en super condition physique pour l’été 2017 car j’en suis incapable. Si je trouve la motivation, j’essayerai de faire le minimum syndical pour être moins mal, mais je crois que tout le monde est à bloc dans cette course, peu importe le niveau.

Pour bien faire, il faudrait que j’arrive à passer en-dessous de l’heure de course et dans les 80 premiers au scratch. Concernant ma catégorie, on peut rêver d’un Top 10 !
Une autre leçon apprise cette année concerne le vélo. Mon Intense Tracer 275C a été complètement démoli pendant mon séjour dans les Alpes. Je n’ai pas eu d’incident mécanique en course, mais les reconnaissances ont été fatales. Je pense avoir remplacé quasiment tous les périphériques possibles et je ne suis pas remonté sur ce vélo car j’attends les pièces pour remplacer des roulements gravement touchés.
L’an prochain, je prends tout ce qu’il faut comme pièces car ça coûte beaucoup plus cher sur place et il n’y a pas de garantie pour trouver la bonne pièce.
J’aurais aussi un autre vélo pour les reconnaissances, un Commencal Meta SX, afin de préserver le Tracer pour la finale.
Rendez-vous en juillet 2017 à l’Alpe d’Huez pour le récit en vidéo de ma 2ème Mega !