MaxiAvalanche – Vallnord septembre 2015

 
maxiavalanche-2015
C’est avec beaucoup d’excitation que j’attendais le week-end de la MaxiAvalanche Vallnord 2015 de septembre (lire mon résumé de l’édition en juin).

Voici le récit de mon épopée.
 
 

MaxiAvalanche Junkie

 
C’est la deuxième fois que je participe à la DH Marathon MaxiAvalanche (lire le récit de ma 1ère MaxiAvalanche), se déroulant près de chez moi au Bike Park de Vallnord. Pour tout avouer, je suis déjà accroc.
Tu sais que tu vas en chier, mais c’est tellement bon !

Le contexte était un peu particulier car je me suis cassé (fracture plus déplacement) 3 cotes il y a moins d’un mois. Pour être clair, il m’était interdit de faire une grosse chute, alors que les conditions étaient assez improbables avec les énormes averses la veille des spéciales de qualifications et de la finale.
D’ailleurs, la spéciale prévue sur la célèbre piste World Cup, qui vient juste de servir pour les championnats du monde de descente, a été annulée.
Il faut dire que cette piste se transforme vite en carnage dans la partie basse.
Dommage car j’étais super content qu’elle soit au programme.

Ainsi, nous avons parcouru deux fois la spéciale prévue sur la nouvelle piste Commencal. C’est loin d’être ma piste favorite, ressemblant plus à une piste géante de BMX qu’à une DH. Elle est sans doute bien pour s’entraîner à prendre les virages, mais ce n’est pas la piste typique que j’imagine sur une MaxiAvalanche.
 
 

Samedi c’est qualif

 
 

 
 
L’idée derrière ma stratégie était d’y aller mollo pendant les qualifications, afin d’être dans les premiers des mauvais, le deuxième groupe « Challengers ».
Manque de bol, je me suis quand même retrouvé parmi les derniers qualifiés dans le premier groupe des bons.
Niveau matos, mon plan était de faire les qualifications avec le gros vélo (Commencal Supreme DH) et les deux manches de la finale avec mon vélo d’enduro (Intense Tracer 275C).
Le choix initial du Supreme était pour être à l’aise sur la spéciale de la piste World Cup, mais gros fail puisqu’elle a été annulée.
L’avantage du vélo de DH est le confort dans les parties raides et techniques, mais c’est l’enfer dans les zones de pédalage.
Le Tracer est un véritable missile, mais il faut savoir où tu mets la roue et tu es vachement plus sur des œufs, comparé au gros vélo bien doudou et pépère.

Je n’avais pas reconnu la première spéciale sur la piste Commencal. On est parti en solo, espacé de 15 secondes.
Première grosse surprise après le départ avec un passage dans un sous bois où il y avait une putain de montée, qui te sèche d’entrée. Ensuite, c’est parti pour les 70 virages de la piste bleue Commencal.
J’ai essayé de me caler sur un rythme confortable où je n’allais pas me fatiguer et ne prendre aucun risque pour mes fractures en convalescence.

La deuxième spéciale se déroulait sur une partie de la piste MaxiAvalanche. Nous ne sommes pas partis tout en haut de la montagne, depuis la piste Cubil, comme pour l’édition de juin.
Plutôt, le départ était proche de la station de Pal, sur la fin de la piste verte El Serra.
Comme prévu, j’ai failli mourir dans les zones de pédalage. Faut dire que la dernière fois que j’ai pédalé était justement pendant la MaxiAvalanche de juin. Cela vous donne une idée de mon niveau de forme dans les grimpettes. En plus, pédaler avec un vélo de 20 kg est la meilleure solution pour te mettre d’équerre en quelques centaines de mètres.
Sinon, rien à signaler. Je me sentais pas trop mal, en adoptant un rythme similaire à celui que j’avais choisi lors de la Maxi en juin.
Il y a juste eu un passage très glauque dans le dernier virage où un type était allongé sur le côté sans bouger. C’est toujours inquiétant quand il n’y a pas de mouvement chez le blessé et les secours sont en mode frénésie. J’ai appris le lendemain que son thorax était complètement enfoncé, mais qu’il n’était pas en danger.

Rebelote sur la piste Commencal pour la troisième spéciale. Cela laisse tout de même un goût amer de devoir se farcir à nouveau cette piste sympathique sans plus à la place de la mythique et terrifiante World Cup.
Ouf la pluie a commencé à tomber seulement quand je terminais ma descente et le gros déluge est arrivé quand je rentrais chez moi en voiture.

En fait, j’étais bien crevé après cette première journée. Même si j’ai roulé tranquille pendant les qualifications, j’ai roulé tous les jours pendant la semaine et surtout j’ai fait la connerie de faire une grosse session avec un pote la veille.
En parlant de World Cup, nous l’avions justement descendu en long, en large et en travers.
 
 

Dimanche c’est finale

 
 

 
 
Le matin de la finale, ça piquait grave au réveil à 7h. J’ai eu tellement de mal à émerger et préparer mon matos que je suis arrivé à la bourre pour le départ à 10h.

J’étais déçu d’avoir loupé mon plan de qualification, en me retrouvant dans le dernier wagon des bons, au lieu d’être dans le premier wagon des mauvais.
Mais bah, l’objectif est de prendre un maximum de plaisir et je ne cours pas après le podium. Il caillait le matin, mais le soleil était au rendez-vous. On allait galérer dans la boue et les racines glissantes, mais c’est plus sympa quand tu n’es pas trempé jusqu’aux os et que tu n’as pas le masque embué.

C’est parti pour la première manche !

Encore à moitié réveillé et pas du tout échauffé, j’ai senti dès le début que je cherchais l’oxygène. C’est comme si tu ne trouves jamais ton second souffle. J’ai tenu le coup jusqu’au coup de cul avant la deuxième partie du tracé. Il s’agit de la Maxi Bueno, un single hyper technique, raide et défoncé. J’étais totalement en apnée, j’avais les jambes qui tremblaient et je voyais des étoiles. C’est donc en mode survie que j’ai terminé cette première manche avec un temps très moyen de 24 minutes, dont j’ai passé au moins 5 minutes arrêté pour tenter de retrouver un brin de souffle.

Normalement, il était prévu de faire la 2ème manche à 14h, mais l’organisation a décidé qu’on était des warriors, donc qu’on pouvait repartir tout de suite avec un départ à 12h.

Pour la deuxième manche, je me sentais beaucoup mieux physiquement. Mon départ était bien meilleur et j’avais trouvé un bon rythme de croisière quand je me suis retrouvé par terre sans rien comprendre.
J’étais sur le plat, juste avant le pont qui traverse la route de la station de Pal, lorsque la roue avant est partie en vrille. Pas de bobo de mon côté, mais cette fois c’est la bicyclette qui était mal en point. Je pensais avoir simplement glissé sur des racines, mais le pneu avant était à plat. Étant monté en tubeless, j’avais opté pour me passer du matos de réparation. Cela me servira de leçon car j’ai mis 45 minutes à descendre à pieds la montagne.
Belle connerie de continuer avec la roue avant à plat d’ailleurs. N’ayant jamais vraiment roulé avec la roue avant crevée, j’ai eu l’idée saugrenue de vouloir tester. J’aurais mieux fait de faire marche arrière et réparer au shop Commencal de la station ou de redescendre avec les oeufs. Rouler avec la roue avant à plat n’est clairement pas aussi aisée qu’avec la roue arrière. Surtout avec une telle pente aussi glissante.
Je ne comprends toujours pas comment la roue a littéralement explosé à cet endroit. Pas de déchirure ou de trou en évidence, mais plus d’air non plus à l’intérieur.

Tant pis pour la course, donc j’en ai profité pour faire un repérage de champignons. Grâce à cette météo improbable, la forêt sent le cèpe à plein nez !
 
 

Pour conclure

 
Niveau résultat, ce n’est pas brillant. Je termine avant dernier de ma catégorie (Master 40), mais j’ai passé un super week-end. L’ambiance était très sympa. Bien sûr, il y a toujours quelques connards, qui croient participer aux championnats du monde, alors que ce sont des grosses daubes.
Pour le reste, j’ai rencontré des passionnés enchantés de participer à cette course mythique dans un des plus beaux spots du monde pour le VTT.

Concernant le format, c’est une excellente idée d’avoir enlevé les pédalages de plusieurs heures avant d’attaquer la descente, typique du format enduro.
Le format DH marathon est exigeant, mais plus accessible à des vététistes normaux comme moi. Descendre pendant plusieurs dizaines de minutes est une sacrée épreuve, surtout dans un territoire aussi implacable que Vallnord.
C’est un excellent test pour se jauger physiquement, qui te remet bien à ta place si tu te croyais le roi du pétrole avant le départ.
Ça fait du bien de prendre une bonne leçon d’humilité et de titiller ses limites.

Le mini mass start par groupe de 20 est bien évidemment moins la guerre que l’édition de juin avec son départ par groupe de 150.
Par contre, c’est bien moins intense !
La difficulté est identique pour doubler sur ce parcours. C’est magique de voir les pros, qui roulent à fond et trouvent des traces improbables pour doubler.
Quand t’es un vététiste normal, tu dois fournir un tel effort pour doubler que la plupart du temps c’est plus sage d’attendre que le mec devant te laisse passer.

La seule vraie déception concerne la spéciale sur la piste Commencal. Je ne critique pas cette piste bleue, qui est un véritable atout pour le bike park.
Par contre, je ne trouve pas qu’elle ait sa place au programme de la MaxiAvalanche.
En plus, il a fallu se la farcir deux fois !

L’édition septembre 2015 de la MaxiAvalanche à Vallnord comptait seulement 160 participants. L’élimination des transferts horribles a sans doute été annoncée trop tard pour rattraper le succès de la course en juin (près de 1000 participants).

Snif, c’est presque fini pour la saison au bike park.
Il va falloir recommencer à se faire chier avec les transferts en voiture ou fourgon et je vais me remettre à travailler sur ma piste perso, derrière chez moi.

Vivement la prochaine MaxiAvalanche en juin pour que je prenne ma revanche. D’ici là je vais tâcher d’être moins une larve niveau pédalage et je m’habitue doucement à rouler avec le vélo d’enduro acheté au début de l’été.

Un énorme merci à l’organisation UCC Sport Event, Georges Edwards en tête. Continuez de nous proposer des courses aussi extraordinaires.
Big Up à tous les participants ! C’était dur, c’était bon, c’était la MaxiAvalanche !

En bonus, voici la compilation de chutes prises par ma GoPro.
 
 

 
 
En double bonus, vous pouvez (re)voir mes gamelles à l’occasion de la dernière MaxiAvalanche.